Point de presse du porte parole - 11 septembre 2015

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Le porte-parole a fait les déclarations et répondu aux questions suivantes :

1 - Ukraine - Participation de M. Laurent Fabius à la réunion ministérielle en format "Normandie" (Berlin, 12 septembre 2015)

M. Laurent Fabius participera le 12 septembre à Berlin avec ses homologues allemand, russe et ukrainien à une réunion consacrée à la situation dans l’est de l’Ukraine et à la mise en œuvre du paquet de mesures adopté à Minsk le 12 février 2015 en format dit de "Normandie" :

- sur le volet sécuritaire, les ministres travailleront au respect dans la durée du cessez-le-feu, à l’accès par la mission spéciale d’observation de l’OSCE aux zones de conflit et aux modalités d’un accord rapide sur le retrait des armes de calibre inférieur à 100 mm ;

- sur le volet politique, ils discuteront de l’organisation des élections locales, y compris dans certaines zones de Donetsk et de Lougansk, et de l’autonomie locale ;

- sur le volet humanitaire, ils échangeront sur l’ouverture de nouveaux centres logistiques humanitaires, sur les échanges de prisonniers et sur le libre accès du Comité international de la Croix-Rouge.

Les ministres prépareront des propositions concrètes sur ces différents thèmes pour le sommet des Chefs d’État et de gouvernement prévu début octobre à Paris en format "Normandie".

2 - Japon - Inondations dans les préfectures d’Ibaraki et de Tochigi

Nous avons pris connaissance avec émotion des inondations qui ont frappé les préfectures d’Ibaraki et de Tochigi et qui ont provoqué la mort d’au moins trois personnes, de nombreuses disparitions et le déplacement de dizaines de milliers d’habitants.

Dans ces circonstances douloureuses, la France exprime sa solidarité aux autorités et au peuple japonais.

Q – Envisagez-vous des aides concrètes concernant les inondations au Japon ?

R – Si les autorités japonaises en expriment le besoin, la France est tout à fait prête à les aider à faire face à ces inondations.

3- Venezuela - Condamnation de M. Leopoldo Lopez, fondateur du parti Voluntad Popular (10 septembre 2015)

La France suit avec attention la situation au Venezuela dans le contexte de tensions que connaît le pays depuis les événements de février-mars 2014.

Nous exprimons notre préoccupation après la condamnation le 10 septembre à une peine de prison de M. Leopoldo Lopez, fondateur du parti Voluntad Popular et figure de l’opposition.

Alors que des élections législatives sont prévues d’ici la fin de l’année, nous appelons au dialogue et à l’apaisement.

4 – Syrie

Q - Concernant la Syrie et les activités russes, est-ce que le ministre a déjà parlé avec le ministre Lavrov sur les activités russes en Syrie ? Et deuxièmement, quand le ministre parle d’indications selon lesquelles il y aurait des soldats russes en Syrie, est-ce qu’il s’agit de renseignement français, américains, ou est-ce qu’il parle des informations qui sont dans la presse en ce moment ?

R - Le ministre a indiqué ce matin sur RMC et BFM TV qu’il y avait « des indications en ce sens », qu’on pouvait envisager pour l’instant plusieurs interprétations et qu’il aurait demain, en marge de la réunion en format Normandie qui portera sur l’Ukraine, l’occasion également d’évoquer la situation en Syrie avec M. Lavrov. Comme vous le savez, nous avons un dialogue régulier avec la Russie sur la Syrie et sur la nécessité d’aller vers une transition politique dans ce pays.

Q – Est-ce que le ministre au Sénat traitera de la question de la base légale de l’intervention française en Syrie ou est-ce que vous avez déjà une réponse ?

R – La base légale, comme nous l’avons déjà indiqué, c’est l’article 51 de la Charte des nations unies sur la légitime défense. Nous avons d’ailleurs adressé au Conseil de sécurité une notification officielle sur le fondement de cet article.

Q – Et concrètement de quoi s’agit-il ?

R – D’abord les actions terroristes de Daech représentent une menace pour la sécurité internationale, ce que le Conseil de sécurité des Nations unies a reconnu dans sa résolution 2170, il y a un an. Par ailleurs Daech est aussi une menace pour la sécurité de la France.

Dans une lettre au Conseil de sécurité du 20 septembre 2014, les autorités irakiennes ont demandé l’assistance de la communauté internationale pour les aider à faire face à l’agression armée de Daech dont elles font l’objet, y compris à partir du territoire syrien. C’est dans ce cadre et conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies que la France a décidé d’engager des actions impliquant la participation de moyens militaires aériens face aux attaques perpétrées par Daech à partir du territoire de la Syrie.

Le président de la République a annoncé que le Parlement serait informé dans le cadre de l’article 35 de la Constitution, un débat aura lieu mardi prochain et le ministre présentera cette décision au Sénat.

Q – Vous n’avez donc pas de contact avec le régime syrien concernant ces survols ?

R – J’ai déjà répondu à cette question. Nous avons rappelé notre ambassadeur en Syrie en mars 2012 et il a été mis fin aux fonctions de l’ambassadrice de Syrie en France en mai 2012. Depuis ces dates là nous n’avons plus de contact avec le régime syrien et nous avons d’ailleurs reconnu comme interlocuteur politique légitime la coalition nationale syrienne.

Q - Dans les déclarations officielles françaises et dans l’intitulé de la conférence sur les victimes de Daech, pourquoi évitez-vous toujours de parler spécifiquement des chrétiens, alors qu’il y a des millions de chrétiens depuis l’Irak qui sont victimes de génocides ?

R – Nous nous adressons bien entendu aux chrétiens d’Orient et des personnalités chrétiennes de premier plan ont été invitées à cette conférence, mais nous devons parler à toutes les victimes de Daech. Ce groupe terroriste élimine systématiquement tous ceux qui ne pensent pas comme lui. C’est pour prendre en compte la diversité de ces victimes que nous avons organisé cette conférence avec la Jordanie et vous avez vu le plan d’action qui a été adopté à l’issue de cette conférence.

Q - Auriez-vous un commentaire sur la déclaration du ministre britannique des affaires étrangères dans laquelle il dit que Bachar pourrait rester en place pendant la période de transition ?

R – Ce n’est pas à moi de répondre. Comme vous le savez le président de la République a parlé de la neutralisation de Bachar et le ministre a indiqué que cela voulait dire qu’il fallait faire en sorte, par la négociation, qu’il n’exerce plus le pouvoir effectif en Syrie.

Q – Cela fait un an que l’on parle de retrouver des éléments du régime qui pourrait le remplacer, a-t-on déjà identifié ces personnes dans le régime ?

R – Une transition politique suppose de réunir des éléments du régime et de la coalition modérée. Ce qu’il faut maintenant, c’est une vraie volonté politique de l’ensemble des acteurs pour aller vers la transition et le décider. C’est cela la clé aujourd’hui.

Q – L’Iran a été un soutien indéfectible pour Bachar al Assad également. Est-ce que vous voyez, attendez, sentez que l’Iran accélère aussi le soutien du régime ?

R – Pour nous, l’essentiel est que tous les acteurs aillent vers la transition politique telle que je viens de la décrire, comme le prévoit le communiqué de Genève.

5 - Armes chimiques

Q – Sur les armes chimiques, est-ce que la France fait des tests d’échantillons où il y aurait peut-être eu des attaques chimiques de gaz moutarde lancées par l’État islamique ?

R- Sur ce sujet le Conseil de sécurité a adopté à l’unanimité le 7 août, la résolution 2235 qui a établi un mécanisme d’enquête qu’on appelle mécanisme d’investigation et d’attribution sur les attaques chimiques en Syrie. Ce mécanisme, qui est placé sous l’autorité du Conseil de sécurité, fonctionne en coopération et coordination avec l’OIAC, l’organisation pour l’interdiction des armes chimiques, et notamment avec une mission d’établissement des faits.

6 – Conférence de Paris sur le climat

Q - Ce matin Laurent Fabius a dit sur BFMTV qu’une soixantaine de pays avaient annoncé leur plan national pour lutter contre le réchauffement climatique et que ce nombre allait grimper vers 90% d’ici la conférence mais comment y parvenir ?

R – La réponse, c’est la prise de conscience universelle de la menace sur la communauté internationale du dérèglement climatique. Nous sommes à moins de cent jours de la conférence. Nous espérons que les Etats qui n’ont pas encore présenté leur INDC le feront dans les prochaines semaines. Il y a une amplification de la mobilisation des Etats dans la perspective de la conférence de Paris : cela doit se poursuivre et se traduire par la présentation par chaque État d’objectifs nationaux ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

7 - Liban

Q - Sur le voyage du président Hollande au Liban, est-ce que la visite des camps de réfugiés syriens est le seul point à l’ordre du jour ou est-ce qu’il y a des rencontres avec des responsables ?

R – Le président a évoqué le principe de cette visite devant les ambassadeurs le 25 août. Elle est en cours d’organisation et je vous renvoie vers la présidence de la République.

Dernière modification : 11/09/2015

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