La jeune Karla Rodriguez représentante du Panama au Labcitoyen 2015

Karla Rodriguez, jeune étudiante en droit à la USMA a été retenue par un comité de sélection francçais pour représenter le Panama à cette nouvelle édition. Nous l’avons rencontrée à son retour au Panama après son expérience à Paris.

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Karla Rodriguez, représentante du Panama au Labcitoyen 2015

La troisième édition du programme Labcitoyen lancé par l’Institut français et mis en œuvre par la Maison des Cultures du Monde s’est réunie du 5 au 15 juillet à Paris. 80 jeunes francophones de 52 pays (âgés de 18 à 25 ans) ont participé au débat de la place des Droits de l’homme face au défi du changement climatique.

LabCitoyen vise à promouvoir la langue française sous forme de programme international qui permet de rassembler des jeunes francophones de l’étranger, pendant une dizaine de jours en France, afin de participer à des conférences, des débats, des visites et des ateliers sur des questions de citoyenneté.

Pour sa troisième édition et en cette année marquée par l’organisation à Paris au mois de décembre de la COP21, le thème traité était "Les droits de l’homme face aux défis de l’environnement", l’occasion de débattre sur les conséquences du dérèglement climatique pour les sociétés et les menaces sur le respect des droits de l’homme dans le monde.

Karla Rodriguez, jeune panaméene étudiante en Droit et Sciences politiques representait le Panama. Nous l’avons pour l’occasion rencontrée afin de partager son expérience à Paris.

- Karla, tu as représenté le Panama lors de l’édition 2015 du programme LabCitoyen à Paris. Peux-tu nous dire quelque chose sur ta carrière et les raisons qui t’ont amené au thème des droits de l’homme ?

Bon, je devrais commencer par le fait que les lois et le droit ont toujours été liés à ma vie ; mes parents sont des avocats, donc ce sentiment d’être "champion de la justice" a été instillé en moi depuis l’enfance.
Plus tard, je décidé de consacrer mes études au Droit, je suis actuellement en troisième année d’études de droit et de science politique à l’USMA.
Je participe aussi à la Fondation Sécurité Citoyenne (FUNDASEC), dont l’objectif principal est de promouvoir la justice et les valeurs d’égalité et de respect.
Je suis un fidèle convaincue que si l’on veut du changement, il faut agir.

- Le programme LabCitoyen concerne les droits de l’homme et porte plus particulièrement cette année sur les « Droits de l’homme face aux défis environnementaux », quel est selon toi l’impact du changement climatique sur les droits de l’homme ?

La question environnementale est inextricablement liée aux droits de l’homme ; un exemple classique, et qui se voit quotidiennement dans notre pays, sont les problèmes de pénurie d’eau. Nous avons des communautés au sein de la capitale, sans accès à l’eau potable ; cela signifie nier à un secteur de la population le droit à l’eau et la santé, d’où découlent un certain nombre de questions qui à moyen terme représentent un poids pour le développement du pays.

- Quelles conséquences du changement climatique peuvent être observées au Panama ?

Actuellement, nous avons un exemple assez évident : la sécheresse cruelle dans la région d’Azuero qui s’étend maintenant à Cocle. Si l’on peut blâme le phénomène du Niño, nous devons reconnaître que ces dernières années, nous avons eu à nous réadapter aux sécheresses, couplées à des saisons des pluies chaque fois plus courtes et capricieuses. Ce sont des situations alarmantes dans un pays qui nécessite des ressources en eau pour la production d’énergie et le fonctionnement du canal.

- Selon toi, qu’est-ce que la jeune génération peut apporter à ce débat sur le changement climatique et son impact sur les droits humains ?

Malheureusement, c’est aux nouvelles générations que revient la responsabilité de redresser les torts des générations précédentes. C’est nous qui aurons à vivre les conséquences de l’exploitation excessive des ressources naturelles.
C’est aux jeunes gens de faire pression sur les gouvernements au pouvoir pour qu’ils remplissent leur rôle de garants de la sécurité de ses habitants. Parce qu’ils ont une obligation légale de se procurer un environnement sain et équilibré, approprié pour le développement des activités nécessaires pour répondre à nos besoins sans compromettre ceux des générations futures.
Mais nous devons être vigilants et nous informer pour savoir ce que nous sommes en droit d’exiger et ne pas être égoïste avec les informations, être des agents multiplicateurs, parce que nous devons être le changement que nous voulons voir.

- LabCitoyen t’a permis de partager avec d’autres jeunes d’horizons et de perspectives très différents. Que t’as apporté cet échange ?

Ça fera cliché, mais cet échange m’a donné l’occasion de rencontrer des gens de partout dans le monde, comme moi, avide de faire de ce monde un endroit meilleur.
Il m’a fait comprendre que même si vous pensez que votre effort est juste une goutte dans l’océan, même cette goutte fait des vagues dans la mer.
Car, comme un homme sage a dit : "la lutte est cruelle et est abondante, mais on se bat et on saigne pour la foi qui rend obstiné". Et il vaut mieux être naïf et vivre obstiné, parce que ce monde a beaucoup qu’il convient de préserver.

Parce qu’il n’y a qu’un seul monde possible, mais des mondes possibles... il nous revient de les atteindre.

- Comme Panaméenne, que penses-tu avoir apporté aux discussions tenues durant le programme ?

Au début, j’ai eu l’honneur de faire connaître mon pays et sa réalité, on sait peu de Panama, au-delà du fait que nous avons un canal. Nous avons des lois avancées en terme de droit des peuples autochtones, qui bien qu’elles ne soient pas toujours respectées, créent un précédent pour la région.
Ensemble avec d’autres camarades d’Amérique centrale, nous avons été en mesure de présenter certaines des problématiques qui ont affectent nos populations, et de partager le beau message de la sagesse des peuples autochtones sur la Terre mère ou la "Pachamama", qui est une position où l’être humain se montre humble et respectueux devant la mère aimante à qui il doit la vie et la survie.

- Dans quelques mois, en Décembre, aura lieu la XXI° conférence sur le climat (COP21) à Paris. Comment le Panama peut contribuer au succès de cet événement important ?

Panama est le pays qui a ouvert ses terres pour unir le monde, notre devise nationale est « Pro Mundi Beneficio" (pour le bénéfice du monde), nous sommes géographiquement un couloir de migration naturelle et un observatoire de la biodiversité mondiale.
Comme État, nous devrions continuer et réaffirmer ce discours comme pont dans le monde et lien pour la communauté mondiale, bien que si diplomatiquement nous n’avons pas le poids qu’ont d’autres nations, nous pouvons appuyer à cet effort en adoptant le rôle d’agent de médiation dans ce sommet qui sera décisif pour notre avenir immédiat, étant donné que le changement climatique n’est plus un sujet éloigné mais une réalité qui déjà nous touche directement

Karla Rodriguez, représentante du Panama au Labcitoyen 2015

Dernière modification : 12/08/2015

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